Le rendement, exprimé en un chiffre

COP veut dire Coefficient of Performance, soit coefficient de performance en français. C'est un rapport : la chaleur produite divisée par l'électricité consommée.

Un exemple parle mieux qu'une définition. Si une pompe à chaleur a un COP de 4, elle restitue 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité avalé au compteur. Avec un COP de 3, c'est 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité. Plus le chiffre est haut, mieux c'est.

Pourquoi c'est supérieur à 1

À première vue, c'est étrange : on récupère plus d'énergie qu'on n'en consomme. En réalité, la pompe à chaleur ne crée pas de chaleur. Elle la déplace.

Elle va chercher la chaleur à l'extérieur — dans l'air, dans le sol ou dans une nappe d'eau — et la pompe vers l'intérieur de la maison. Même quand il fait froid dehors, il reste de l'énergie thermique à capter. L'électricité, elle, sert uniquement à faire tourner le compresseur et les circulateurs.

À comparer avec un radiateur électrique classique : son COP vaut 1, par définition. 1 kWh d'électricité donne 1 kWh de chaleur, point. Une pompe à chaleur multiplie cet apport.

Quelles valeurs sont réalistes

Les chiffres dépendent du type de pompe et des conditions.

  • Air-eau (la plus courante en France et de loin la plus aidée par MaPrimeRénov') : COP entre 3 et 5 en conditions normalisées. Quand il fait très froid, il peut descendre à 2 ou en-dessous.
  • Géothermique (sondes dans le sol) : plus stable, souvent entre 4 et 5 toute l'année. Le sol garde une température régulière, l'hiver ne dégrade pas le rendement.
  • Air-air (climatiseur réversible) : COP comparable à l'air-eau en chauffage. En mode froid l'été, on parle plutôt d'EER, qui se situe souvent entre 5 et 6. Attention : MaPrimeRénov' ne soutient pas la PAC air-air en logement principal.

Attention au COP vs le SCOP

Le COP affiché par le fabricant est mesuré dans des conditions précises : par exemple 7 °C à l'extérieur, 35 °C dans le circuit de chauffage. C'est une photo, prise un jour de printemps doux.

Dans la vie réelle, la pompe tourne aussi à -5 °C en janvier, et avec des radiateurs qui demandent parfois 50 °C. Le rendement varie.

D'où l'intérêt du SCOP, le Seasonal COP. Il fait la moyenne sur toute la saison de chauffe, conditions froides incluses. C'est un chiffre plus honnête pour comparer deux modèles. Si la fiche technique le mentionne, regardez-le en priorité.

Le seuil MaPrimeRénov' à connaître

Pour bénéficier de MaPrimeRénov' sur une PAC air-eau, France Rénov' exige un SCOP minimal de 2,5 (climat moyen, basse température). Sous ce seuil, l'aide n'est pas mobilisable, ce qui peut alourdir l'installation de plusieurs milliers d'euros. Vérifiez la fiche en vigueur avant de signer un devis : les seuils évoluent à chaque révision du dispositif.

Ce que ça change sur la facture

Prenons une maison française qui a besoin de 10 000 kWh de chaleur par an. Avec une pompe à chaleur dont le SCOP est de 4, elle consomme 2 500 kWh d'électricité. À 0,194 €/kWh (Tarif Bleu Base mai 2026), cela fait 485 € de chauffage par an.

Pour la même chaleur avec une chaudière à gaz à condensation (rendement 90 %, gaz au prix repère CRE 0,12 €/kWh), on tourne autour de 1 330 €. L'écart annuel dépasse 800 €.

Ces chiffres sont indicatifs. Vos économies dépendent de vos besoins de chauffage (climat local), du tarif électrique souscrit (Base, HP/HC, Tempo) et du SCOP réel de l'installation. Mais l'ordre de grandeur est juste : une PAC bien dimensionnée divise par deux à trois la facture de chauffage par rapport au gaz.

Le COP est central dans la décision PAC seule ou hybride PAC + gaz — c'est lui qui détermine à partir de quelle température extérieure le gaz redevient compétitif.