Toute pose d'une unité extérieure de pompe à chaleur sur une partie commune d'une copropriété (façade, mur extérieur, terrasse partagée) doit être autorisée par l'assemblée générale des copropriétaires. La majorité requise dépend de l'usage de la partie commune — majorité absolue (article 25) pour la plupart des cas, majorité simple (article 24) pour les travaux d'amélioration énergétique depuis 2021. La demande doit être inscrite à l'ordre du jour avant l'envoi des convocations.
Les deux majorités à connaître
- Article 24 (majorité simple des présents et représentés) — depuis la loi Climat et Résilience de 2021, les travaux d'amélioration énergétique à la charge d'un seul copropriétaire (PAC, isolation par l'extérieur d'un seul lot) relèvent de cette majorité allégée. C'est le cas le plus favorable.
- Article 25 (majorité absolue de tous les copropriétaires) — s'applique pour la modification d'aspect extérieur d'un immeuble et l'utilisation privative d'une partie commune. Plus contraignant.
- Article 26 (double majorité, dont 2/3 des voix) — pour les modifications structurelles importantes. Rarement applicable à une PAC.
Pour une simple unité extérieure sur balcon privatif visible depuis la rue : article 25 généralement. Pour une PAC dans le cadre d'une rénovation énergétique globale : article 24, plus accessible.
Les pièces à joindre à la demande
Un dossier complet et soigné augmente fortement les chances d'un vote favorable. À déposer auprès du syndic au moins six semaines avant l'AG :
- Demande écrite motivée d'inscription à l'ordre du jour, précisant la nature des travaux et leur impact sur les parties communes.
- Plan de l'emplacement proposé (sur la terrasse, en façade, etc.).
- Fiche technique de la PAC : dimensions, couleur, niveau sonore.
- Photo ou photomontage de l'aspect après installation.
- Devis d'un installateur RGE.
- Notice acoustique avec calcul d'émergence chez les voisins (rassurant pour l'AG).
- Engagement de remise en état en cas de revente ou de fin d'usage.
- Si zone protégée : copie de l'avis ABF ou attestation de non-application.
Le déroulé en AG
Quatre étapes :
- Présentation du projet par le copropriétaire demandeur (en présentiel idéal, ou via le syndic).
- Discussion et questions des autres copropriétaires : bruit, esthétique, fluide frigorigène, impact sur la valeur des autres lots.
- Vote à la majorité requise.
- Inscription au procès-verbal avec mention des conditions éventuelles (horaires, écran acoustique, RAL imposé).
Comment maximiser les chances
- Préparer le terrain avant l'AG. Aller voir individuellement les copropriétaires les plus susceptibles d'être opposés (voisins immédiats, président du conseil syndical). Une opposition explicite à l'AG fige les positions ; un échange préalable peut les nuancer.
- Anticiper les objections. Bruit : notice acoustique. Esthétique : photomontage et dissimulation. Aspect technique : engagement écrit de l'installateur sur les seuils respectés.
- Proposer une dissimulation (caisson, bardage, écran végétal) même si non obligatoire. Geste apprécié, facilite le vote.
- Cadrer juridiquement. Si le projet entre dans le cadre de la loi Climat et Résilience (article 24), le préciser dans la résolution — la majorité requise est plus faible et plus facile à obtenir.
Si le vote est refusé
Trois options :
- Re-présenter en AG suivante avec un projet modifié (déplacement, dissimulation renforcée).
- Recourir au juge en référé pour autorisation judiciaire — possible si le refus est jugé abusif (article 30 de la loi du 10 juillet 1965). Coût et délai conséquents.
- Choisir une alternative sans modification de partie commune : PAC air-air par les ouvertures existantes, raccordement au réseau de chaleur, ou solution hybride avec chaudière maintenue.