Comparateur d'installation : quelle solution sur 30 ans ?
Choisissez les solutions à comparer. Pour chacune, le simulateur donne le coût d'installation, le coût d'énergie sur 30ans, et la sensibilité au prix de l'énergie — c'est-à-dire combien le total bouge si le électricité, le gaz ou l'électricité augmentent.
Quel besoin ?
Surface du logement
En mètres carrés (100 m²).
Niveau d'isolation
Où ? (climat)
Besoin estimé pour votre logement : chaleur ≈ 15 000 kWh/an.
Choisissez les solutions à comparer
Cochez deux ou trois options. Le tableau ci-dessous se met à jour immédiatement avec le coût total sur 30ans et la sensibilité au prix de l'énergie.
Sélectionnez au moins une solution ci-dessus pour afficher le tableau comparatif.
Le coût d'installation est compté au prorata de la durée de vie de l'équipement. Une pompe à chaleur dont la durée de vie est de 17 ans est posée presque deux fois sur 30 ans ; une chaudière de 20 ans, une fois et demie. Sans cet ajustement, on sous-estime le coût des équipements à durée de vie courte.
Sensibilité = part du coût total sur 30ans qui dépend du prix de l'énergie. Faible < 40 %, moyenne 40-70 %, élevée 70-90 %, très élevée ≥ 90 %. Une solution très élevée voit sa facture bouger fortement avec le prix de l'énergie ; une solution faible ne bouge presque pas, sa facture est dominée par l'installation.
Estimation standard — hors aides (MaPrimeRénov', CEE, primes locales). La chaudière au fioul n'apparaît pas dans la liste : son installation neuve est interdite en France depuis le 1erjuillet 2022 (Décret n° 2022-8). Le résultat dépend fortement de l'isolation réelle, du climat local et du devis de l'installateur. À utiliser pour ordonner les options et comprendre leur exposition au prix de l'énergie, pas comme un devis.
Exemple chiffré : maison de 100 m², moyennement isolée, en Île-de-France
Pour une maison de 100 m² avec une isolation moyenne (DPE D ou E) dans la zone climatique centre / Île-de-France (zone H1), le besoin de chauffage est d'environ 15 000kWh/an. Voici ce que coûte chaque solution en mode chauffage seul, prix de l'énergie France mai 2026 :
- Réseau de chaleur (réseau de chaleur) — 44 k€ sur 30 ans (8 000 € d'installation tous les 30 ans + 1 200 €/an d'énergie ; +18 000 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Pompe à chaleur air-air (multi-split réversible) (électricité) — 48,6 k€ sur 30 ans (7 500 € d'installation tous les 15 ans — soit 2.0× sur 30 ans + 970 €/an d'énergie + 150 €/an d'entretien et abonnement ; +14 550 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Pompe à chaleur air-eau (électricité) — 55,7 k€ sur 30 ans (12 000 € d'installation tous les 17 ans — soit 1.8× sur 30 ans + 970 €/an d'énergie + 180 €/an d'entretien et abonnement ; +14 550 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Pompe à chaleur géothermique (électricité) — 56,3 k€ sur 30 ans (22 000 € d'installation tous les 25 ans — soit 1.2× sur 30 ans + 746 €/an d'énergie + 250 €/an d'entretien et abonnement ; +11 192 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Chaudière à gaz à condensation (gaz) — 76,5 k€ sur 30 ans (5 000 € d'installation tous les 20 ans — soit 1.5× sur 30 ans + 2 000 €/an d'énergie + 300 €/an d'entretien et abonnement ; +30 000 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Chaudière à granulés (granulés) — 79,9 k€ sur 30 ans (20 000 € d'installation tous les 20 ans — soit 1.5× sur 30 ans + 1 412 €/an d'énergie + 250 €/an d'entretien et abonnement ; +21 176 €si l'énergie augmente de 50 %)
- Chauffage électrique direct (électricité) — 93,3 k€ sur 30 ans (4 000 € d'installation tous les 20 ans — soit 1.5× sur 30 ans + 2 910 €/an d'énergie ; +43 650 €si l'énergie augmente de 50 %)
Lecture rapide : le moins cher sur 30 ans est Réseau de chaleur (44 k€). La solution la plus exposée au prix de l'énergie est Chauffage électrique direct — 94% de son coût total dépend du prix de l'électricité.
Pourquoi ces écarts ? Le cas pompe à chaleur air-eau vs chaudière à gaz à condensation
Pour la maison de référence (100 m², isolation moyenne, IDF), la pompe à chaleur air-eau revient à 55,7 k€ sur 30 ans, contre 76,5 k€pour la chaudière à gaz à condensation. L'écart, 20,8 k€, vient de trois facteurs.
1. L'efficacité. La PAC a un SCOP de 3 : pour produire les 15 000 kWh de chaleur dont la maison a besoin, elle ne consomme que 5 000kWh d'électricité. La chaudière à gaz, elle, brûle 16 667 kWh de gaz pour la même chaleur (rendement de 0.9). La PAC utilise donc environ 3fois moins d'énergie.
2. Le prix au kWh.Le gaz est en réalité moins cher au kWh (0,12 € contre 0,194 € pour l'électricité). Mais le facteur d'efficacité du point 1 l'emporte largement : ramené au kWh de chaleur délivrée chez vous, le gaz coûte environ 2.1 fois plus cher que l'électricité d'une PAC.
3. Le coût d'installation, et son renouvellement. La chaudière à gaz économise 7 000 €le jour de la pose. Mais l'écart annuel de facture (1 150 €/an de plus pour le gaz) rattrape cet avantage en 6ans. Sur 30 ans, la PAC doit en revanche être remplacée une fois (durée de vie 17 ans), la chaudière gaz aussi (durée de vie 20 ans). Ces renouvellements sont déjà comptés dans les totaux ci-dessus — c'est ce qui empêche la PAC de creuser l'écart aussi vite qu'un calcul limité à la pose initiale le laisserait croire.
Quand le gaz reste défendable : un propriétaire qui revend dans moins de 6ans, un logement avec un raccordement gaz récent et une chaudière actuelle en fin de vie qu'on veut remplacer à moindre frais, ou un cas où l'installation d'une PAC demanderait des travaux annexes lourds (changement des radiateurs, percement de mur). Quand la PAC l'emporte clairement :un propriétaire qui garde le logement plus de 7-10 ans, un logement éligible aux aides MaPrimeRénov' / CEE (qui peuvent réduire l'installation de 4 000 à 10 000 €), ou une commune où le retrait du gaz fossile est annoncé sur la durée de vie de l'installation.
Pourquoi 30 ans, et pourquoi le coût d'installation est compté plus d'une fois
Aucune de ces solutions ne dure 30 ans en l'état. Une pompe à chaleur tient 15 à 17 ans, une chaudière à gaz 20 ans, un réseau de chaleur 30 ans. Sur la durée de vie d'un logement, le propriétaire achète donc plusieurs équipements, pas un seul. Comparer uniquement le devis initial est trompeur : un système bon marché à l'achat mais à durée de vie courte peut revenir plus cher au final qu'un système plus cher mais qui dure.
Le calcul ci-dessus tient compte de ce renouvellement au prorata. Une pompe à chaleur air-eau de 17 ans est installée 30 ÷ 17 ≈ 1,8 foissur 30 ans : le coût d'installation est multiplié d'autant. Une chaudière gaz de 20 ans est posée 1,5 fois. Un réseau de chaleur, une seule. Cette correction rééquilibre la comparaison en faveur des équipements à durée de vie longue, et fait apparaître la dette cachée des équipements à renouveler souvent.
La méthode du prorata suppose qu'à 30 ans, la valeur résiduelle de l'équipement encore en service est nette. C'est une approximation de référence en analyse de coût sur cycle de vie (LCC, life-cycle costing) : suffisamment fine pour ordonner les options, mais une revente ou une démolition anticipée peut décaler le résultat.
Sensibilité au prix de l'énergie : ce que ça veut dire
Une solution dont la facture annuelle représente une grosse part du coût total sur 30 ans est sensibleau prix de l'énergie qu'elle consomme. Le chauffage électrique direct dépasse 90 % d'exposition au prix de l'électricité — sa facture suit le tarif presque à l'identique. À l'opposé, la pompe à chaleur géothermique, dont l'essentiel du coût est l'installation initiale, reste à 30-40 % d'exposition.
Le simulateur classe chaque solution sur une échelle à quatre niveaux : faible(moins de 40 % du coût exposé au prix de l'énergie), moyenne (40 à 70 %), élevée (70 à 90 %), très élevée (90 % et plus). Une solution très élevée voit sa facture suivre presque à l'identique le prix de son énergie ; une solution faible amortit largement les variations.
Le simulateur affiche cette sensibilité en montrant ce que devient le total si l'énergie utilisée par la solution augmente de 50% sur la durée. Une hausse de cet ordre n'est pas un scénario absurde — le fioul, le gaz et l'électricité ont chacun connu des variations de cette ampleur entre 2020 et 2024.
Les hypothèses du calcul
- Besoin de chauffage par mètre carré : 200 kWh/m²/an (passoire), 150 (moyen), 80(bien isolé). Règles empiriques ADEME / France Rénov'.
- Multiplicateur climat sur le besoin de chauffage : Nord/Est ×1.1, Centre/IDF ×1, Sud ×0.85, Montagne ×1.3. Zones RT/RE simplifiées (H1/H2/H3).
- Prix de l'énergie France mai 2026, en €/kWh : électricité 0.194, gaz 0.12, fioul 0.168, granulés 0.08, réseau de chaleur 0.08. Sources INSEE, Tarif Bleu, CRE, Propellet.
- Rendements de terrain (SCOP saisonnier réel France, hors conditions normées constructeur) : 3,0 (PAC air-eau), 3,9 (géothermique), 3,0 (air-air) ; rendement 0,9 (gaz condensation), 0,85 (granulés), 0,8 (fioul), 1,0 (effet Joule). Les SCOP constructeurs (3,5–5,0) sont des conditions d'essai normalisées ; les retours d'installation France sont plus bas, principalement à cause des dégivrages et de la production d'eau chaude sanitaire.
- Entretien et abonnement annuels : 300 € chaudière gaz (abonnement + entretien obligatoire), 250 € granulés (entretien + ramonage), 180 € PAC air-eau (contrat fluide), 250 € PAC géothermique, 150 € PAC air-air, 0 € réseau de chaleur (inclus dans le tarif R1+R2), 0 € chauffage électrique direct. Comptés sur 30 ans.
- Durée de vie : 15 à 30 ans selon la solution. Source ADEME, fiche « durée de vie des équipements de chauffage ».
Le cas du fioul
La chaudière au fioul n'apparaît pas dans le comparateur. En France, son installation neuve est interdite depuis le 1erjuillet 2022 (Décret n° 2022-8 du 5 janvier 2022). Une chaudière fioul existante peut continuer à fonctionner et à être entretenue, mais au moment du remplacement, ce sont les autres solutions qui prennent le relais. Le simulateur ne propose que ce qu'il est possible d'installer aujourd'hui.
À titre de référence : à isolation et climat équivalents, une chaudière fioul atteint typiquement 95 % d'exposition au prix du fioul — la sensibilité la plus extrême du marché. C'est la raison pour laquelle le coût total chez les ménages encore équipés a explosé sur la séquence 2021-2023, et c'est aussi le motif réglementaire de l'interdiction.
Ce qui n'est pas dans le calcul
- Les aides à la rénovation.En France, MaPrimeRénov', les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), la TVA à taux réduit et certaines aides locales peuvent réduire fortement le coût d'installation d'une PAC ou d'une chaudière à granulés. En Suisse, les programmes cantonaux ont une logique proche. Le simulateur donne un coût brut, hors aides.
- L'eau chaude sanitaire. Selon la solution, elle est intégrée ou non. Les coûts ci-dessus comptent le chauffage des locaux uniquement.
- Les travaux annexes.Cuve fioul, conduit d'évacuation, plancher chauffant, raccordement réseau — tous peuvent changer significativement le devis selon l'état du logement.
Pour aller plus loin
- Pour la consommation réelle des logements de votre commune (Île-de-France), voir notre base de données des DPE par commune — utile pour situer votre logement.
- Pour chaque solution en détail, voir toutes les solutions.
- Sur le choix entre rester au gaz ou passer à la PAC, voir pompe à chaleur ou chaudière.