La puissance d'une pompe à chaleur se calcule à partir des déperditions thermiques de la maison, exprimées en watts par mètre carré (W/m²). Pour une maison moyennement isolée en climat tempéré, comptez 80 à 100 W/m². Pour une passoire thermique, montez à 120-150 W/m². Pour une maison BBC ou récente, descendez à 50-70 W/m². Multipliez par la surface chauffée pour obtenir la puissance de PAC à viser.

L'abaque par état d'isolation

Niveau d'isolationW/m²Pour 100 m²Pour 150 m²
Passoire thermique (avant 1975, non rénovée)120-15012-15 kW18-22 kW
Moyennement isolée (années 80-2000)80-1008-10 kW12-15 kW
Bien isolée (rénovée ou après 2005)60-806-8 kW9-12 kW
BBC, RT 2012, neuve récente40-604-6 kW6-9 kW
Passivhaus, Minergie-P15-302-3 kW3-5 kW

L'ajustement par le climat

Les abaques sont calés sur le climat moyen français (température extérieure de base autour de -7 °C). À ajuster :

  • Climat océanique doux (Bretagne, Aquitaine, Côte d'Azur) : -10 à -15 % de puissance nécessaire.
  • Climat continental ou montagnard (Jura, Alpes, Massif central, Lorraine) : +15 à +25 % de puissance nécessaire pour tenir à -15 ou -20 °C.
  • Altitude > 800 m : ajouter une marge supplémentaire de 10 à 15 %.

Pourquoi un calcul de déperditions fait-il mieux qu'une règle

Un bilan thermique précis (réalisé par un thermicien ou un installateur sérieux) tient compte de :

  • La surface des parois et leur coefficient U (murs, toiture, plancher, fenêtres).
  • L'orientation et l'exposition au vent.
  • La ventilation (simple flux, double flux, VMC hygro).
  • Les ponts thermiques résiduels.
  • Les habitudes d'occupation.

Une règle au W/m² peut surestimer ou sous-estimer de 20 à 30 % selon les particularités du bâti. Sur le devis, demandez systématiquement le bilan thermique justificatif de la puissance retenue.

Les conséquences d'un mauvais dimensionnement

PAC sous-dimensionnée : elle ne suffit pas seule par grand froid, l'appoint électrique se déclenche à SCOP 1 plusieurs centaines d'heures par an, la facture explose en hiver. Économie à l'achat (PAC plus petite) mais surcoût annuel important.

PAC surdimensionnée : elle s'arrête et redémarre sans cesse (court cycling), le SCOP réel chute, le compresseur s'use prématurément. Surcoût à l'achat et surcoût annuel.

Le bon dimensionnement vise une PAC qui couvre 90 à 95 % des besoins par sa modulation continue, et qui sollicite l'appoint seulement pour les pics de grand froid (5 à 10 % de l'année).