Le point de bivalence est la température extérieure à partir de laquelle une pompe à chaleur ne peut plus, à elle seule, fournir toute la chaleur dont la maison a besoin. À cette température, le système bascule vers son appoint — une résistance électrique pour une PAC seule, ou une chaudière à gaz ou à fioul dans un système hybride. Au-dessus du point de bivalence, la PAC fait tout. En-dessous, l'appoint prend le relais.

Pourquoi ce seuil existe

Deux choses se rencontrent à ce seuil. Du côté du logement, la demande de chauffage monte vite quand il fait froid dehors : plus l'écart entre l'intérieur (20 °C) et l'extérieur est grand, plus la maison perd de chaleur, plus il faut en injecter pour la maintenir à température. Du côté de la PAC, l'inverse : plus il fait froid dehors, moins il reste de chaleur à puiser dans l'air, et la puissance que la PAC peut fournir diminue.

Il existe donc une température où la courbe des besoins croise la courbe de la puissance disponible. Au-dessus, la PAC est en excédent : elle module. En-dessous, elle est en déficit : il faut compléter.

À quelle température le règle-t-on ?

En France, en plaine, le point de bivalence se règle généralement entre 0 °C et −5 °C. Le choix dépend de trois choses :

  • Le climat local. En zone douce (Aquitaine, Provence), on peut le placer à 0 °C voire +2 °C sans problème. En zone froide (Jura, Massif central, Alpes), on descend à −7 °C ou plus bas, ce qui demande une PAC qui tient à très basse température.
  • Le dimensionnement de la PAC. Une PAC surdimensionnée pour les pics est chère à l'achat. Une PAC dimensionnée pour 95 % du besoin, avec un appoint qui prend les 5 % restants, coûte moins cher et tourne mieux le reste de l'année.
  • L'énergie de l'appoint. Si l'appoint est une résistance électrique (cas le plus courant), on essaie de la solliciter le moins possible — elle consomme à SCOP 1. Si l'appoint est une chaudière à gaz dans un système hybride, on peut bascule plus haut (à 0 ou +2 °C) parce que le gaz reste compétitif.

Pourquoi c'est important pour votre facture

Chaque heure passée sous le point de bivalence est une heure où l'appoint électrique consomme à SCOP 1 — donc trois fois plus qu'une PAC qui tournerait à SCOP 3. Sur quelques nuits par an, ce n'est pas grave. Sur deux semaines de grand froid, ça représente plusieurs centaines d'euros sur la facture annuelle. Un point de bivalence mal placé peut grever 20 % de la consommation.

Le cas particulier de l'hybride PAC + gaz

Dans un système hybride, la PAC et la chaudière à gaz se partagent la saison. Le point de bivalence règle qui chauffe quand : au-dessus, la PAC ; en-dessous, le gaz. Le seuil se choisit selon le prix relatif de l'électricité et du gaz, et la courbe de COP de la PAC à basse température. On le place souvent autour de 0 °C en France. Voir le guide chaudière hybride PAC + gaz.

Comment c'est réglé en pratique

La régulation de la PAC surveille en permanence la température extérieure et compare avec le seuil de bivalence configuré à l'installation. Quand elle passe sous le seuil, elle enclenche l'appoint automatiquement. Demandez à votre installateur quel seuil il programme — le réglage par défaut du constructeur n'est pas toujours optimal pour votre climat.