RGE est un signe de qualité créé en 2011, géré par l'ADEME et délivré par des organismes certificateurs indépendants. Concrètement : pour qu'une entreprise puisse poser une pompe à chaleur, une chaudière à granulés ou une isolation et que les travaux ouvrent droit à MaPrimeRénov' ou à la prime CEE, elle doit être RGE dans la catégorie correspondante. Sans RGE, vous payez tout, sans aide.
Comment l'entreprise est qualifiée
RGE n'est pas une marque commerciale ni un auto-déclaratif. C'est un processus :
- L'entreprise passe une formation sur la catégorie visée (chauffage biomasse, pompes à chaleur, isolation, ventilation, etc.).
- Elle obtient une qualification auprès d'un organisme certificateur — Qualibat, Qualit'EnR, Certibat, Qualifelec selon le métier.
- Un contrôle aléatoire de chantier est mené dans les deux ans, par un auditeur indépendant.
- La qualification est valable quatre ans, renouvelable.
Le label couvre une catégorie précise : une entreprise RGE QualiPAC (pompes à chaleur) ne l'est pas automatiquement pour l'isolation. À l'inverse, un installateur sérieux peut cumuler plusieurs qualifications.
Comment vérifier qu'un artisan est vraiment RGE
Une seule source officielle : l'annuaire france-renov.gouv.fr/annuaire-rge. Vous entrez le nom de l'entreprise, son SIRET ou sa ville, et vous voyez :
- Les qualifications RGE valides à la date du jour.
- Les catégories couvertes (chauffage, isolation, etc.).
- Les dates d'échéance.
L'attestation que l'entreprise vous montre doit correspondre exactement aux travaux à effectuer. Une RGE pour la pose de panneaux solaires ne suffit pas pour une pompe à chaleur. Vérifiez aussi la date : un certificat expiré ne vaut rien.
Ce que ça change pour vos aides
RGE est une porte d'entrée. Sans elle :
- MaPrimeRénov' refuse le dossier.
- La prime CEE n'est pas versée par le fournisseur d'énergie.
- La TVA réduite à 5,5 % (pour les travaux d'économie d'énergie en logement de plus de deux ans) ne s'applique pas.
- L'éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) n'est pas accordé.
Sur une PAC à 12 000 € posée, l'écart entre une entreprise RGE et une entreprise non-RGE peut représenter plusieurs milliers d'euros d'aides perdues. C'est la première case à cocher en demandant un devis.
Le risque des « faux RGE »
Quelques cas de fraude existent : sous-traitance à des artisans non qualifiés sous le couvert d'une entreprise RGE, fausses attestations, certificats expirés présentés comme valides. C'est pour cela que la vérification se fait sur le site officiel france-renov.gouv.fr, pas sur le devis ni sur la plaquette commerciale de l'entreprise. Si l'entreprise refuse de vous donner son numéro de certificat à vérifier, c'est un signal d'alerte.